Contribution : Le siège de député de Sonko fait trembler plus de monde que le fauteuil de Premier ministre

Je viens de lire l’analyse de Moussa Tine expliquant avec force démonstrations juridiques pourquoi Ousmane Sonko ne pourrait pas retrouver son siège de député à l’Assemblée nationale.
Le problème avec certains experts, c’est qu’ils finissent parfois par confondre l’interprétation du droit avec leurs préférences politiques.
Depuis plusieurs heures , une véritable opération de conditionnement de l’opinion est en marche. On tente de faire croire aux Sénégalais que le retour de Sonko à l’Assemblée nationale serait juridiquement impossible. Comme si la Constitution, les lois organiques et le règlement intérieur avaient soudainement disparu de notre arsenal juridique.
Pourtant, que dit l’article 124 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale ?
Il est pourtant limpide.
Le député nommé membre du Gouvernement ne perd pas son mandat. Il ne peut simplement pas siéger pendant la durée de ses fonctions ministérielles. Son siège est alors occupé provisoirement par son suppléant.
Provisoirement.
Voilà le mot que certains semblent avoir du mal à prononcer.
Et le même article précise que cette suppléance prend fin au plus tard un mois après la cessation des fonctions gouvernementales du député. Mieux encore, il prévoit explicitement sa réintégration par le Bureau de l’Assemblée nationale, sauf renonciation écrite et irrévocable de l’intéressé.
Dès lors, pourquoi vouloir faire croire aux Sénégalais qu’il existerait un mur juridique infranchissable ?
Pourquoi cette soudaine créativité interprétative lorsqu’il s’agit de Sonko ?
Pourquoi tant d’énergie déployée pour démontrer l’impossibilité d’un mécanisme que le règlement intérieur décrit pourtant noir sur blanc ?
La vérité est peut-être ailleurs.
Car depuis son départ de la Primature, certains semblent plus préoccupés par le retour éventuel de Sonko à l’Assemblée que par les véritables urgences du pays.
C’est presque devenu une obsession nationale.
Il n’est plus Premier ministre, mais il demeure le principal sujet de conversation.
Il n’est pas encore revenu à l’Assemblée, mais ses adversaires occupent déjà leurs journées à expliquer pourquoi il ne devrait pas y revenir.
Il n’a encore posé aucun acte, mais les scénarios catastrophes sont déjà écrits.
Comme si le véritable problème n’était pas le droit, mais l’homme lui-même.
Au fond, cette agitation révèle une réalité politique simple : même hors de la Primature, Ousmane Sonko continue de peser sur le débat public. Et lorsqu’un homme oblige ses adversaires à parler davantage de lui que de leur propre projet, c’est qu’il demeure un acteur central du jeu.
Les textes existent. Les procédures existent. Les institutions existent.
Laissons-les faire leur travail.
Et surtout, arrêtons de transformer les opinions politiques en vérités juridiques.
Car dans une République sérieuse, le droit ne s’interprète pas à la tête du client.
source/Ndondol TV