Le directeur général de l’ONFP, Mouhamadou Lamine Bara Lo, a placé la modernisation des lycées techniques et l’orientation vers les filières porteuses au cœur de la stratégie de transformation de la formation professionnelle au Sénégal.
Invité du « Jury du dimanche », il a défendu une vision axée sur des infrastructures modernes, des équipements de dernière génération et des formations directement connectées aux besoins réels de l’économie nationale.
Pour lui, la formation professionnelle ne peut atteindre ses objectifs si les centres et lycées techniques restent dans un état de dégradation avancé. « Il faut rendre attractifs les lycées de formation », a-t-il insisté, estimant que les parents comme les élèves doivent pouvoir considérer ces établissements comme des espaces d’excellence et d’avenir.
Dans cette dynamique, l’ONFP a engagé plusieurs programmes de réhabilitation et d’équipement. Des investissements ont déjà été réalisés dans des établissements comme le lycée André Peytavin de Saint-Louis ou encore certains lycées techniques de Dakar et de Kaolack, avec l’installation d’équipements modernes destinés notamment aux filières industrielle.
Au-delà des lycées existants, l’État prévoit également la réhabilitation d’une cinquantaine de centres de formation identifiés à travers le pays. Parallèlement, entre 25 et 30 nouveaux centres sont en cours de lancement sous la tutelle du ministère de la Formation professionnelle.
Le directeur général de l’ONFP a également cité plusieurs centres modernes déjà fonctionnels, notamment à Diamniadio, dans les métiers du BTP, de l’agriculture, de la logistique ou encore des industries numériques. À Nétéboulou, dans la région de Tambacounda, un centre de plus de dix hectares a récemment été livré afin d’offrir aux jeunes des zones éloignées des équipements comparables à ceux des grandes villes.
Mais pour l’ONFP, la question ne se limite pas aux infrastructures. Le véritable enjeu reste l’adéquation entre les formations proposées et les besoins du marché du travail.
Ainsi, l’office veut désormais orienter davantage les jeunes vers des filières dites « porteuses », capables de générer rapidement de l’emploi et de soutenir la transformation économique du Sénégal. Les sciences techniques industrielles figurent parmi les priorités affichées, tout comme les métiers du bâtiment et des travaux publics, de la logistique, de l’électricité ou encore de la soudure industrielle. L’exploitation du pétrole et du gaz constitue d’ailleurs l’un des principaux moteurs de cette réorientation.
Selon le directeur général, le Sénégal accuse encore un déficit de compétences dans plusieurs métiers techniques liés au contenu local, ce qui explique la présence importante de travailleurs étrangers spécialisés dans certains secteurs.
Face à cette situation, l’ONFP a déjà commencé à développer des formations spécifiques dans l’aval pétrolier et travaille sur un répertoire des métiers du pétrole et du gaz. Un projet de centre de formation en soudure industrielle et électricité est également en préparation à Saint-Louis avec des partenaires étrangers.
Le responsable a particulièrement insisté sur les opportunités offertes par certains métiers techniques souvent sous-estimés. « Un soudeur très qualifié peut gagner plus que beaucoup de directeurs », a-t-il affirmé, appelant les jeunes à dépasser certains préjugés sur les métiers manuels et industriels.
En plus des secteurs industriels, l’ONFP veut progressivement investir les industries culturelles et créatives, considérées comme un important levier d’emplois pour la jeunesse.
Pour mieux anticiper les besoins futurs, une vaste étude sur les emplois, compétences et métiers dans les pôles territoriaux est en cours. Cette cartographie doit permettre d’identifier les filières les plus prometteuses selon les réalités économiques de chaque zone du pays.
À travers cette stratégie, l’objectif affiché est clair : former des jeunes immédiatement opérationnels, capables soit de s’insérer dans les entreprises, soit de créer leur propre activité grâce à des compétences adaptées aux mutations économiques du Sénégal.














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