Le parcours de l’équipe nationale de football à la Coupe du monde 2026 suscite de vives critiques au sein de l’espace public sénégalais. Cette vive réaction du Directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, fait suite logique à l’élimination officielle du Sénégal par la Belgique sur un score serré de deux buts à trois (2-3) lors des seizièmes de finale de la compétition. Dans une analyse sans concession, il a dressé un bilan extrêmement sévère de la participation des Lions de la Teranga. Selon lui, les déboires de la sélection nationale trouvent leur origine dans un cruel manque d’anticipation après le sacre continental : « Cette campagne de coupe du monde n’a pas du tout été préparée. Nous sommes restés dans l’euphorie après la CAN. Conséquence elle a été désastreuse ».
Pour le journaliste, la présence du Sénégal dans le tableau final relève d’un concours de circonstances plutôt que d’une réelle supériorité technique. Jugeant le niveau global de l’équipe insuffisant pour la haute compétition, il affirme avec force que « l’équipe du Sénégal n’a pas le mérite d’aller loin dans cette compétition » et que « battre l’Irak ne peut être une référence ». Il ajoute d’ailleurs que « c’est par un miracle que l’équipe a été aux 16eme de finale ».
Le patron de la télévision publique s’est lourdement attardé sur les carences athlétiques et tactiques des hommes de Pape Thiaw lors de ce match couperet face aux Diables Rouges et durant le premier tour. S’appuyant sur les données d’après-match, il pointe du doigt un déficit physique flagrant : « L’équipe physiquement n’a jamais pu tenir 90 minutes et terminer correctement un match. Les joueurs étaient émoussés durant tous les matchs ». Un constat que viennent appuyer, selon lui, « les statistiques publiées par la FIFA après le premier tour », qu’il juge « assez édifiant sur notre niveau de jeu très bas ».
Cette méforme générale a grandement fragilisé le secteur défensif, autrefois considéré comme le point fort de la tanière. Évoquant « une défense, véritable passoire », Pape Alé Niang regrette la récurrence des scores lourds, de la préparation aux matchs officiels : « L’addition est pratiquement connue d’avance. 3 buts contre les USA en match amical puis contre la France, la Norvège et la Belgique ». Sur le plan de l’animation, le Directeur de la RTS dénonce une possession stérile et « un jeu sans grande inspiration à la limite trop prévisible », estimant que l’équipe évoluait « le plus souvent dans [sa] propre zone avec un jeu qui frise la suffisance pour ne pas dire l’insolence ».
Le coaching de Pape Thiaw lourdement incrimin
L’encadrement technique n’a pas été épargné par cette charge critique après la défaite (2-3). Le Directeur général de la RTS estime que la gestion humaine et tactique des rencontres a manqué de clairvoyance face aux exigences du très haut niveau. Il fustige ainsi « un coaching tatillon jamais clair », avant de trancher de manière radicale : « Manifestement le niveau était très haut pour l’entraîneur pour avoir la lucidité requise ».
Revenant sur le déroulement des faits et les réactions adverses, il s’interroge sur la légitimité des critiques extérieures : « Les propos du coach Belge sont tristes. Mais est-ce qu’il a tort ? ». Selon son analyse, les choix tactiques en cours de match ont désorganisé le bloc sénégalais, notamment lorsque « l’équipe a fortement reculé pour conserver le score au moment où il y avait plus de discipline et de rigueur tactique à cause des changements opérés par l’entraîneur ».
Face à ce constat d’échec, Pape Alé Niang appelle à une prise de responsabilité immédiate des instances dirigeantes pour reconstruire l’avenir du football national : « Bref bon retour au Sénégal et ayons le courage de tirer tous les enseignements de ce naufrage collectif ». Il demande ainsi à ce que « la FSF fasse le bilan de la CAN puis celui de la Coupe du monde avant les préparatifs des éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique », concluant sur une note de gravité alors qu’« en attendant le peuple rumine sa déception ».

















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