« Le haut niveau ne pardonne rien. » C’est par ce constat sans concession que le journaliste sportif Mbaye Jacques Diop a pointé du doigt les erreurs structurelles qui ont failli coûter très cher aux Lions lors de la phase de poules de la Coupe du monde. Si la qualification in extremis du Sénégal pour les seizièmes de finale a indéniablement soulagé tout un peuple, elle ne doit en aucun cas masquer les graves insuffisances qui ont jalonné le début du tournoi. Invité de l’émission Le JDD ce dimanche 28 juin sur les antennes d’iRadio et iTV, l’analyste a lancé un appel vibrant à une professionnalisation accrue et immédiate de l’environnement du football sénégalais.
Pour le journaliste, le fait que les hommes de Pape Thiaw poursuivent leur aventure mondiale tient presque du miracle et relève davantage de circonstances favorables — notamment le carton final face à l’Irak — que d’une réelle maîtrise technique et tactique de leur sujet. Selon lui, les difficultés majeures rencontrées sur le terrain face à la France puis contre la Norvège étaient parfaitement prévisibles. Elles traduisent de manière flagrante une préparation globale insuffisante pour un effectif composé de joueurs arrivés exténués après une longue et éprouvante saison européenne. « Le haut niveau n’attend personne », a-t-il rappelé avec insistance, soulignant que le football moderne exige désormais une anticipation totale et pointue, aussi bien sur les plans physique, médical, logistique que psychologique.
L’ancien dirigeant sportif estime également que certains choix organisationnels extra-sportifs ont lourdement pénalisé la tanière au cours de ce premier tour. Il a notamment fustigé la présence de délégations officielles pléthoriques, composées parfois de personnes dont l’utilité réelle auprès du groupe n’est absolument pas démontrée. Autre sujet de vive préoccupation soulevé à l’antenne : le manque criant de spécialistes attitrés dans les missions de prospection en amont des tournois.
Pour Mbaye Jacques Diop, des experts de métiers — tels que des hôteliers, des nutritionnistes, des logisticiens chevronnés ou des spécialistes de la sécurité — devraient accompagner systématiquement et exclusivement les délégations afin de garantir des conditions de performance optimales aux joueurs. L’analyste a conclu son intervention en rappelant que si le Sénégal possède indéniablement les talents bruts pour rivaliser avec les plus grandes nations de la planète, il lui manque désormais un environnement managérial totalement professionnel pour franchir un cap historique.














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