Projet Dak Tower : La SOGEPA récupère 50 appartements pour le compte de l’État

La Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (SOGEPA) a effectué, ce mercredi 24 juin, une visite de chantier sur le site du projet immobilier Dak Tower. Ce complexe résidentiel et immobilier d’envergure, qui ambitionne de contribuer à la transformation urbaine de Dakar, fait partie des actifs ayant fait l’objet d’une renégociation entre l’État du Sénégal et ses partenaires privés et étrangers. La mission a permis de matérialiser les engagements issus du protocole signé et d’apprécier l’état d’avancement des travaux. À travers ce projet, la SOGEPA réaffirme son rôle central dans la gestion, la sécurisation et la valorisation du patrimoine bâti public. Depuis 2025, cette orientation stratégique vise à rééquilibrer les accords afin de garantir une meilleure prise en compte des intérêts de la puissance publique. L’initiative entend positionner la SOGEPA comme un acteur majeur du secteur immobilier national, tout en stimulant les ventes du promoteur, la société African Company for Construction and Investment (ACCI), en donnant de la visibilité au projet.

Selon le directeur général de la SOGEPA, Elimane Pouye, les négociations engagées entre l’État du Sénégal et ACCI ont permis de corriger une situation initiale dans laquelle la puissance publique avait mis à disposition une importante assiette foncière sans contrepartie prévue. « L’État du Sénégal ne pouvait pas mettre à disposition un foncier aussi stratégique et se retrouver avec zéro contrepartie. Les négociations ont été, par moments, difficiles, mais les parties ont tenu à s’écouter… Ce qui nous a valu, au bout d’un an de discussions, d’arriver à cet accord », a-t-il expliqué.

Les discussions, ouvertes à la suite d’une audience accordée par le président de la République à l’entreprise le 2 avril 2025, ont abouti à un protocole d’accord prévoyant la rétrocession à l’État de cinquante appartements au sein du complexe Dak Tower, pour une valeur estimée à 15 milliards de FCFA. Ces logements permettront à l’État de renforcer son parc immobilier destiné aux besoins de l’administration et de ses agents, réduisant ainsi ses charges locatives. Une partie des appartements pourra également être exploitée commercialement afin de générer des revenus destinés à l’entretien du patrimoine public. Le site abritait auparavant deux bâtiments publics : un immeuble du ministère des Transports et un autre hébergeant l’INEADE, une structure relevant du ministère de l’Éducation nationale.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Programme prioritaire de l’immobilier public (PRIMO), destiné à moderniser et valoriser le patrimoine bâti de l’État à travers des partenariats avec des investisseurs privés. Prenant la parole, le président du conseil d’administration d’ACCI, Dai Xianquang, a mis en avant l’importance économique du projet, qui répond à une demande croissante pour des espaces de haut standing à Dakar, dans un contexte marqué par l’essor du secteur pétrolier et gazier. Le promoteur a indiqué avoir constaté dès 2018 un déficit d’appartements premium capables de répondre aux besoins des multinationales et des professionnels expatriés, notamment avec l’arrivée d’acteurs comme British Petroleum et ses 7 500 employés attendus d’ici 2027.

Le complexe architectural comprendra trois tours : deux tours résidentielles de 32 niveaux et une tour de bureaux de 25 niveaux, générant plus d’un millier d’emplois directs et indirects. Après certaines périodes de ralentissement, le président du conseil d’administration affiche désormais l’objectif d’achever le projet d’ici mars 2028.

Chargée de la commercialisation exclusive, l’entreprise BGI Africa met sur le marché une offre résidentielle innovante. Le produit phare est un studio de 58 m² commercialisé à partir d’environ 90 millions de FCFA, conçu pour répondre à une forte demande en location de courte durée, notamment de type Airbnb. Selon le directeur commercial de BGI Africa, Mactar Mboup, l’emplacement stratégique à l’entrée de la ville offre un potentiel de rentabilité particulièrement attractif.

Le responsable commercial Moustapha Sow a précisé que ce studio se distingue par la présence inédite d’un jacuzzi sur le balcon, une première dans la promotion immobilière sénégalaise inspirée des résidences haut de gamme de Dubaï ou de New York. En location vide, ce type de bien pourrait atteindre environ un million de FCFA par mois, et entre 2 et 2,5 millions de FCFA mensuels en formule meublée. Les résidents bénéficieront de commodités intégrées telles qu’un cinéma en plein air, une cafétéria, des aires de jeux, un service de conciergerie et un espace de garde d’enfants. BGI Africa travaille par ailleurs avec plusieurs banques partenaires pour développer des solutions de financement adaptées aux salariés en CDI ainsi qu’aux membres de la diaspora sénégalaise.

Auteur: seneweb