Après l’éclatement de l’affaire de la dette dite cachée, place aux réformes. En effet, le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye a signé, le 11 juin dernier, le décret 26-1176, portant création de la Direction générale des Financements et de la Dette.
Le rapport de présentation, signé par le Ministre Cheikh Diba, renseigne que la nouvelle création permettra «de résorber les difficultés liées à l’éclatement des attributions en matière de négociation, de mobilisation et de gestion des financements et de la dette entre directions relevant de directions générales différentes, notamment, dans la gestion de l’information financière».
Ainsi, pour les autorités actuelles, le regroupement desdites attributions dans une même entité, participerait d’une meilleure coordination de la politique du Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan dans ce domaine.
Ce, surtout qu’au niveau communautaire, conformément au Règlement n° 09/2007/CM/UEMOA du 04 juillet 2007 portant cadre de référence de la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique, chaque Etat membre est appelé à mettre en place une autorité unique compétente pour la gestion des emprunts et des garanties y afférentes.
«Or, ce cadre communautaire de gestion des financements et de la dette n’a jusque-là pas été transposé dans l’organisation administrative interne. Ainsi, la multiplicité des organes et acteurs dans le processus a contribué à la dispersion de l’information financière et comptable», renseigne le document.
A cela, s’ajoute l’affaire de la dette dite cachée, avec « d’importants écarts et insuffisances dans la gestion des finances publiques» révélés dans un état des lieux dressé par l’actuel Gouvernement. Un travail suivi par un audit de la Cour des comptes.
Et donc, au vu de tous ces aspects, les autorités ont jugé «nécessaire de créer, au sein du Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, une direction générale en charge des Financements et de la Dette »
Mais, il faut aussi rappeler qu’après l’éclatement de l’affaire de la dette dite cachée, le Fonds monétaire international (FMI) avait dépêché une mission au Sénégal en aout 2025. Au terme de l’exercice, Edward Gemayel et ses hommes avaient listé des mesures correctrices. Parmi ces mesures, figure «la centralisation des fonctions de gestion de la dette».
En septembre 2025, une mission technique du Fmi avait aussi été reçue à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (Dgcpt). Les responsables du trésor avaient, à l’occasion, fait le point sur l’état d’avancement des réforme.
Au cours de la rencontre Alioune Diouf, le Directeur de la Dette publique, avait fait le point sur l’élaboration d’un projet de décret de réorganisation de la gestion de la dette, faisant suite aux recommandations du rapport de la Cour des Comptes, « afin d’établir un cadre de référence clair et structuré».
Et donc, la mise en place de cette direction sonne aussi comme un signal lancé en direction du FMI.


















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