Face aux interrogations persistantes sur l’éligibilité du Premier ministre Ousmane Sonko, le président Bassirou Diomaye Faye a coupé court au débat. Sans détour, le chef de l’État affirme que la question ne se pose tout simplement pas. « Depuis 2024, la question de son éligibilité n’a jamais été un problème pour moi », a-t-il déclaré, balayant d’un revers de main les doutes exprimés dans l’espace public.
Pour lui, les faits sont clairs : l’ancien opposant a recouvré ses droits civiques et participé aux scrutins récents. Le président rappelle que Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter à une élection en raison de son statut d’électeur à l’époque. Une situation aujourd’hui dépassée. « Il a voté lors des élections, puis encore en novembre 2024, et il a été élu », insiste-t-il, soulignant que son mandat est bien « en cours », même s’il a été suspendu à un moment donné.
Dans cette lecture, toute controverse apparaît comme artificielle. Le chef de l’État privilégie une approche strictement juridique, estimant que les conditions d’éligibilité sont réunies et que le débat relève davantage de la polémique politique que d’un véritable contentieux.
Interpellé également sur la proposition de loi introduite par le parti PASTEF pour modifier le code électoral, Bassirou Diomaye Faye adopte une position nuancée. S’il reconnaît la légitimité de l’initiative parlementaire, il s’interroge sur son caractère urgent. « Je ne vois pas l’urgence », a-t-il confié, marquant une certaine distance vis-à-vis de cette démarche, pourtant portée par la majorité. Une façon de rappeler la distinction entre les dynamiques politiques et la posture institutionnelle du chef de l’État.
Le président tient toutefois à souligner le travail technique ayant précédé cette proposition. Le texte, explique-t-il, a été élaboré avec l’implication de plusieurs acteurs : conseillers juridiques de la présidence, de la primature et de l’Assemblée nationale, direction générale des élections, responsables parlementaires et membres du gouvernement. « J’ai lu le texte, j’ai relu la Constitution », affirme-t-il, mettant en avant une démarche de transparence et de rigueur destinée à éviter toute contestation.
Au-delà de la controverse, Bassirou Diomaye Faye insiste sur l’essentiel : la réforme du système électoral dans son ensemble. Il évoque des consensus issus du dialogue politique, notamment sur le bulletin unique, la révision permanente du fichier électoral ou encore le renforcement de la Commission nationale indépendante. Mais sur la question précise de l’éligibilité de Ousmane Sonko, le message est sans ambiguïté : pour le président, le débat est clos. Une position tranchée qui, loin d’éteindre totalement la polémique, pourrait au contraire alimenter les critiques de ceux qui dénoncent un dossier encore sensible dans le paysage politique sénégalais.

















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