Tassette : Pastef dénonce un « pillage organisé » et exige l’intervention de l’OFNAC !

« Une gestion municipale jugée opaque, clientéliste et préjudiciable aux intérêts de la collectivité ». C’est ce que reproche à la mairie de Tassette (département de Thiès) la section communale de Pastef Les Patriotes qui, à la faveur d’une conférence de presse tenue ce samedi 18 avril 2026, a dénoncé des « pratiques graves » et exige un audit de la gestion de la mairie.

Le coordonnateur de la section Pastef Les Patriotes de la commune de Tassette, Tidiane Diop, et ses camarades dénoncent des « faits d’une extrême gravité ». Ils disent assister « depuis plusieurs années à une gestion qui s’apparente à un pillage organisé des ressources de notre commune » et portent à l’attention de l’opinion publique et des autorités compétentes, en particulier des organes de contrôle, des « pratiques peu orthodoxes bafouant toutes les règles et procédures relatives à la gestion de la municipalité ».

Des conventions signées entre le PNDL et le Conseil municipal

D’après les camarades du Premier ministre Ousmane Sonko, « les fonds importants issus de conventions signées par le Maire (alors qu’il occupait parallèlement les fonctions de Secrétaire exécutif du PNDL de 2016 à 2024) n’ont laissé aucune trace de réalisation concrète sur le terrain ». Et de s’interroger : « Où est passé l’argent destiné au développement de Tassette ? » Ils citent, à titre d’exemple, entre autres : 50 millions FCFA pour la réalisation d’une brigade de Gendarmerie à Tassette Peul ; 50 millions FCFA pour une extension électrique à Tassette ; 15 millions FCFA pour une unité de purification et de vente d’eau en sachet.

Spoliation foncière

La section Pastef Les Patriotes de la commune de Tassette, qui cite un exemple au village de Mbousnakh pour 20 ha, évoque des « délibérations qui ont été effectuées en dehors de toute légalité et, plus grave, sans passer par le Conseil municipal, bafouant ainsi le Code des collectivités territoriales ». Elle fait aussi état de « frais de bornages à raison de 400 000 FCFA par ha n’ayant jamais fait l’objet de versement par ordre de recette au niveau de la perception municipale de Thiès ». Elle souligne, à titre d’exemple, que pour les terrains à usage d’habitation, depuis 2016, des lotissements sont opérés sans autorisation, ni au niveau du conseil municipal ni au niveau de la direction régionale de l’Urbanisme.

Tidiane Diop et ses camarades rappellent que conformément aux dispositions du Code de l’urbanisme, notamment en ses articles L 273 et suivants, « nul ne peut entreprendre, sans autorisation ministérielle préalable, un lotissement de quelque nature que ce soit ». Ils disent remarquer ces derniers temps que « le maire est en train de distribuer des terrains comme des baguettes de pain pour en faire une santé politique ». Ils précisent aussi qu’« il n’y a aucune information, ni de commission au niveau du Conseil, bafouant ainsi toutes les règles de transparence et d’éthique. Les actes administratifs qu’il délivre sont sans signature de l’autorité administrative (Sous-Préfet) ». Ils ont mis à profit l’occasion pour féliciter et encourager le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires pour sa lettre circulaire en date du 13 avril 2026 relative à la suspension des lotissements irréguliers sur l’ensemble du territoire national.

Détournement de biens publics

Selon les responsables de Pastef/Tassette, « des lampadaires solaires destinés à l’éclairage des quartiers et des villages ont été frauduleusement soustraits et installés sur la route menant vers le champ du maire et d’autres tout autour du champ, ainsi qu’à l’intérieur de son domicile et dans son enclos ». Ils disent avoir adressé une lettre au Directeur général de l’ANER pour réparer cette « injustice doublée d’une arrogance manifeste ». Les proches d’Ousmane Sonko demandent la restitution immédiate de tous ces lampadaires aux populations qui, selon eux, « vivent toujours sans électricité ou sans éclairage public car il s’agit de l’argent du contribuable sénégalais ».

Tidiane Diop et ses camarades de poursuivre : « les projets de pistes rurales ont fait l’objet de manœuvres. En effet, le Maire soutenait avoir réalisé deux pistes rurales, à savoir les axes Tassette-Guelor et Tassette-Sipane, pour un total de 20 km. En réalité, les 15 km étaient déjà réalisés par l’entreprise Touba Fruit, exploitant agricole ». Ils demandent ainsi l’audit de ces marchés pour connaître « le montant réellement dépensé pour ces pistes » d’autant plus que, s’offusquent-ils, « l’axe Tassette-Guelor est toujours impraticable en période d’hivernage parce que nécessitant un pont ».

Les Patriotes de Tassette ont aussi dénoncé le fait que « depuis sa défaite à l’élection présidentielle de 2024, le maire ait boycotté les réunions du Conseil municipal », ce qui, font-ils remarquer, constitue « une démission de fait ». Ils rappellent que le Code des collectivités territoriales est pourtant très clair pour les « élus absentéistes » et exigent, face à cette situation, « un audit immédiat de la gestion financière et foncière de la mairie de Tassette par les organes de contrôle, notamment la Cour des comptes et l’OFNAC ». Pastef/Tassette se dit résolument engagé à « combattre l’injustice et la dilapidation des maigres ressources destinées au développement de la localité qui mérite une gestion transparente au service exclusif de ses citoyens ».

Auteur: Cheikh CAMARA (Correspondant à Thiès)