Quand les Béninois ont découvert le nom de son challenger, en octobre 2025, ils se sont tout de suite dit que le match était plié. Face à Paul Hounkpè des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) Romuald Wadagni était ce qu’on appelle un super favori. Cela s’est d’ailleurs vérifié au lendemain de la Présidentielle du 12 avril 2026.
Le ministre des Finances a littéralement écrasé son adversaire. Le score est sans appel : 94,05 % des suffrages exprimés récoltés. Paul Hounkpè n’est crédité que de 5,95 % des voix.
Si l’on s’en tient aux chiffres communiqués par la commission électorale, les Béninois n’ont pas boudé les urnes. « Le taux de participation est, en effet, de 58,75 % ».
Cela donne une véritable légitimité à Romuald Wadagni, même s’il a vaincu sans grand péril. De toute évidence, les Béninois ont opté pour la continuité.
On ne rappellera pas que M. Wadagni est l’un des plus fidèles collaborateurs de Patrice Talon. Il fraye avec l’ex-magnat du coton depuis son élection en 2016. Il a d’ailleurs fêté, le 6 avril dernier, ses 10 ans à la tête du ministère de l’Économie et des Finances.
Cadre du cabinet français Deloitte
L’argentier national est né à Lokossa, au Bénin, le 20 juin 1976, d’un père statisticien et économiste de formation. Après avoir obtenu un baccalauréat série scientifique dans son pays, il fait ses valises pour la France afin de poursuivre ses études. L’École supérieure des affaires de Grenoble lui ouvre ses portes.
Il obtient dans ce temple universitaire un Master en Finances. Le jeune homme est major de sa promotion par-dessus le marché. Le cabinet Deloitte l’approche et le recrute en 1998.
Diplômé de la Harvard Business School
Outre son Master en Finances, Wadagni obtient également un diplôme d’expert-comptable américain et un diplôme en capital investissement à la Harvard Business School.
En 2016, il cumulait 17 ans d’expertise au sein des firmes de Deloitte à Paris, Lyon, Boston, New York et Lubumbashi.
Patrice Talon, élu président du Bénin en 2016, lui fait appel pour prendre en main le ministère de l’Économie et des Finances.
Ses coups d’éclat à la tête du ministère des Finances
L’homme est en poste jusqu’à l’annonce de sa victoire à l’élection présidentielle du 12 avril 2026. L’année dernière, il a été sacré meilleur ministre des Finances d’Afrique, consolidant son rôle central dans la transformation économique du Bénin.
Sous sa supervision, Porto-Novo a émis en février 2024 un emprunt souverain de 750 millions de dollars à un taux compétitif de 7,96 %. Cette opération a propulsé le Bénin au rang de troisième meilleur crédit africain en dollar américain.
Le pays a également bénéficié, sous sa coupe, d’un financement du FMI équivalent à 400 % de son quota. Ce qui est bien au-dessus de la moyenne africaine de 125 %. D’autres coups d’éclat économiques sont attribués à l’argentier national.
Entre-temps candidat à la présidence de la BAD
En juillet 2024, il annonce sa candidature au poste de président de la Banque africaine de développement (BAD). « Mes réalisations au ministère des Finances crédibilisant ma candidature à la BAD », confia-t-il à la « Jeune Afrique ». En janvier 2025, coup de théâtre ! L’homme se retire de la course.
On apprend plus tard qu’il est le candidat désigné par la mouvance présidentielle pour défendre ses couleurs lors de la Présidentielle du 12 avril 2026.
Après la proclamation des résultats provisoires du scrutin hier lundi, nul doute qu’il sera le prochain président du Bénin.
Décrisper l’atmosphère politique, sécuriser les frontières nord du pays et…
Les Béninois qui ont opté pour la continuité en portant leur choix sur lui doivent s’attendre à ce qu’il poursuive l’œuvre de Patrice Talon.
Ces 100 premiers jours seront toutefois scrutés parce que bon nombre de ses concitoyens attendent de lui qu’il pose des actes pour décrisper l’atmosphère politique en libérant les opposants politiques jetés en prison par son mentor.
Ils seront également attentifs aux actes qu’il posera pour sécuriser les frontières nord du pays qui tiennent bon an mal an face aux incursions meurtrières des groupes djihadistes.
L’autre chantier qui l’attend, c’est la restauration de la confiance avec les voisins immédiats du Bénin : le Burkina Faso et le Niger. Ces pays ont souvent accusé le pouvoir béninois sortant de travailler à leur déstabilisation en intelligence avec la France.
Bernardin Patinvoh












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