La campagne agricole 2026-2027 est désormais pleinement engagée dans la région de Kédougou. Lancée officiellement par les autorités nationales à travers la lettre circulaire du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), cette nouvelle campagne se distingue par la mise en place d’un dispositif renforcé de gouvernance visant à garantir davantage de transparence, d’équité et d’efficacité dans la distribution des intrants agricoles subventionnés.
Selon le rapport hebdomadaire de suivi couvrant la période du 11 au 17 juin 2026, les activités pré-hivernales se poursuivent dans l’ensemble des zones de production de la région. Les producteurs sont actuellement mobilisés autour des travaux de défrichage, de nettoyage des parcelles, de labour et des premiers semis, en attendant une installation plus franche des pluies.
Des commissions de contrôle pour assurer la transparence
Pour sécuriser les opérations de réception et de cession des intrants agricoles, les autorités administratives ont installé des commissions départementales et locales comprenant notamment des représentants des forces de défense et de sécurité. Ces instances sont chargées de superviser les opérations et de veiller à ce que les producteurs bénéficient équitablement des ressources mises à leur disposition.
Plus de 96 % des semences d’arachide déjà réceptionnées
La mise en place des semences d’arachide connaît une avancée significative dans la région. À ce jour, 466,30 tonnes de semences certifiées de variété 73-33 niveau R2 ont été réceptionnées, représentant un taux de mise en place de 96,14 %.
Parallèlement, les opérations de cession aux producteurs se poursuivent dans les différentes commissions de distribution avec un taux de réalisation de 62,86 %.
Concernant les autres spéculations, les notifications relatives aux semences de maïs ont été émises, mais les opérations de distribution n’ont pas encore débuté. Pour le fonio, le sorgho et le riz, aucune notification officielle n’a encore été enregistrée.
Les engrais progressivement disponibles
Du côté des fertilisants, les opérations de mise en place et de cession se poursuivent avec trois principales formules : le 6-20-10, le 15-15-15 et l’urée (46-00-00).
Les taux de mise en place atteignent respectivement :
* 69,05 % pour le 6-20-10 ;
* 95,87 % pour le 15-15-15 ;
* 70,68 % pour l’urée.
Toutefois, les taux de cession aux producteurs restent encore modestes avec :
* 6,50 % pour le 6-20-10 ;
* 2,17 % pour le 15-15-15 ;
* 13,47 % pour l’urée.
Les autorités agricoles assurent que les opérations se poursuivront dans les prochaines semaines afin de satisfaire les besoins des exploitants.
Du matériel agricole déjà largement distribué
Dans le cadre du Programme d’équipement du monde rural, plusieurs matériels attelés à traction animale avaient été mis à la disposition des producteurs.
Sur un total de 249 équipements réceptionnés, 236 ont déjà été cédés aux bénéficiaires. Il s’agit notamment de semoirs, houes sine, charrues et charrettes. Seules 13 unités restent encore disponibles dans les stocks régionaux.
Plus de 283 millions FCFA de demandes de crédit agricole
Au niveau du département de Kédougou, les demandes de crédit de campagne enregistrées auprès de la Banque Agricole (LBA) atteignent actuellement 283 476 500 francs CFA. Ce niveau de sollicitation témoigne de l’importance des besoins de financement exprimés par les producteurs pour préparer la saison culturale.
Une pluviométrie contrastée mais des perspectives encourageantes
Sur le plan climatique, la région connaît un début d’hivernage marqué par une installation tardive des pluies, conformément aux prévisions saisonnières annoncées en début d’année.
Comparativement à la même période de l’année 2025, plusieurs postes pluviométriques affichent des déficits notables. Les localités de Kédougou, Bandafassi, Fongolimbi, Mako, Laminya et Dakately enregistrent des cumuls inférieurs à ceux de l’année dernière. Le déficit le plus important est observé à Bandafassi avec un écart de -181 millimètres.
À l’inverse, certaines zones présentent des niveaux de précipitations supérieurs à ceux de l’année précédente, notamment Salémata où un excédent de 70,3 millimètres a été enregistré.
Cependant, la comparaison avec la moyenne climatique de référence 1991-2020 révèle une situation globalement favorable. La quasi-totalité des postes pluviométriques affichent des excédents, avec un record observé à Ethiolo où l’excédent atteint 129,9 millimètres au 17 juin 2026.
Les prévisions météorologiques pour l’ensemble de la saison annoncent par ailleurs une pluviométrie normale à excédentaire, une perspective encourageante pour les productions agricoles de la région.
Des contraintes persistantes sur le terrain
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs difficultés continuent de freiner le bon déroulement de la campagne agricole.
Les services techniques signalent notamment :
* un déficit d’agents d’encadrement dans les départements de Kédougou et Saraya ;
* l’inaccessibilité de certaines zones pendant l’hivernage ;
* l’état de dégradation de plusieurs magasins de stockage ;
* l’absence de locaux pour les Services départementaux du développement rural (SDDR) de Salémata et Saraya ;
* l’insuffisance de moyens de déplacement, notamment de motos pour les agents.
Les recommandations des services agricoles
Pour améliorer le suivi de la campagne et renforcer les performances du secteur agricole régional, les services techniques recommandent :
* le recrutement et l’affectation d’agents supplémentaires ;
* la construction des locaux des SDDR de Salémata et Saraya ;
* l’accélération de la mise en place des intrants agricoles ;
* le renforcement de la logistique de suivi de campagne ;
* la sensibilisation des producteurs aux mesures d’adaptation aux changements climatiques ;
* la réhabilitation des magasins de stockage en mauvais état.
Malgré un démarrage marqué par un retard des pluies, les indicateurs observés à mi-juin laissent entrevoir une campagne agricole porteuse d’espoir dans la région de Kédougou, où producteurs et services techniques restent mobilisés pour tirer profit des perspectives pluviométriques annoncées favorables.

















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