ONU : Mamadou Ndoye dit non à un soutien du Sénégal à Macky Sall

Mamadou Ndoye, ex-secrétaire général de la Ligue démocratique et ancien ministre de l’Éducation nationale, était l’invité de l’émission du « Grand Jury » de ce dimanche 1er mars. Interrogé sur l’éventualité d’un soutien du Sénégal à l’ancien président Macky Sall pour le poste de secrétaire général des Nations Unies, il a clairement marqué son désaccord.

S’il reconnaît que la nomination d’un Sénégalais à la tête de l’ONU serait une source de fierté nationale, Mamadou Ndoye estime que Macky Sall n’est pas le bon choix. « Si je devais mettre un Sénégalais à la tête des Nations Unies, est-ce que ce serait Macky Sall ? Je dirais non», a-t-il tranché.

L’ancien ministre justifie sa position par le bilan de la fin de règne de l’ex-chef de l’État. Selon lui, Macky Sall est « très très mal sorti du pouvoir», avec une gouvernance marquée par la répression et la remise en cause des acquis démocratiques. « Il a remis en cause le droit de manifestation, le droit d’expression. La répression a conduit à des morts et à des emprisonnements à un niveau exceptionnel», a-t-il dénoncé.

Mamadou Ndoye estime également que cette image pèserait négativement sur le Sénégal à l’international. « Cette image ternie, on ne peut pas l’exporter pour en faire un secrétaire général des Nations Unies. Ce n’est pas bon pour le Sénégal», a-t-il insisté.

Sur le contexte mondial, il plaide pour un leadership fort à la tête de l’ONU, dans un environnement international qu’il juge particulièrement tendu. « Ce n’est pas au moment où des forces suprémacistes et néofascistes cherchent à disqualifier les Nations Unies qu’on mettra un secrétaire général aussi faible», a-t-il averti, appelant à une personnalité capable de résister aux pressions, notamment au sein du Conseil de sécurité.

Interpellé enfin sur une éventuelle mise en cause judiciaire de Macky Sall, Mamadou Ndoye s’est montré réservé, tout en pointant l’absence d’enquêtes sur les violences politiques. « Je ne comprends pas comment, avec l’exécutif et le législatif, on ne peut pas faire les enquêtes nécessaires pour dire la vérité», a-t-il déclaré.

Pour lui, au-delà des débats de personnes, les nouvelles autorités étaient attendues sur une rupture réelle. « Ce qu’on attendait, c’était une nouvelle dynamique, un changement culturel et de pratiques», a conclu l’ancien leader de la LD.

Auteur: SENEWEB