Ghana : Une conférence régionale marquée par l’absence remarquée de Patrice Talon et Alassane Ouattara

Alors que la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent s’impose comme une priorité absolue pour les États d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, les gouvernements de la région ont présenté une approche renouvelée pour contrer ces menaces.

À l’issue d’une réunion consultative de deux jours consacrée à la sécurité et à la coopération régionale, qui s’est tenue au Ghana, les participants ont réaffirmé leur engagement à intensifier la collaboration transfrontalière. L’objectif affiché est de surmonter les crises liées à la paix, à la gouvernance et à la sécurité afin de restaurer la stabilité dans la zone.

Cependant, l’absence remarquée de deux acteurs majeurs, la Côte d’Ivoire et le Bénin, a suscité de vives interrogations. Ces deux pays n’ont pas été conviés par les autorités ghanéennes, un choix qui paraît d’autant plus étonnant qu’il intervient dans un climat de tensions et d’accusations croissantes entre les nations côtières et les pays de l’AES.

Cette exclusion s’inscrit dans un contexte de détérioration des relations diplomatiques. Récemment, dans une allocution diffusée sur la télévision nationale nigérienne, le général Tiani, président de la république du Niger, avait ouvertement accusé les présidents Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara de « sponsors » pour les groupes armés déstabilisant la région.

De son côté, le capitaine Ibrahim Traoré, lors d’une déclaration à Ouagadougou en septembre 2025, avait déjà affirmé que la Côte d’Ivoire servait de «de base arrière aux ennemis du Burkina Faso». Ces accusations surviennent alors que le Bénin et la Côte d’Ivoire maintiennent une coopération militaire avec des puissances occidentales, une position qui s’éloigne du sentiment croissant dans une partie de l’Afrique, où plusieurs États rejettent désormais toute présence de bases ou de troupes étrangères.

Face à cette situation, Accra a fait le choix stratégique d’inviter les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette décision semble acter que toute future coopération sécuritaire viable devra désormais s’appuyer sur ce nouveau bloc, qui n’a cessé de gagner en influence et s’impose comme un acteur majeur et efficace dans la lutte antiterroriste.

En définitive, la mise à l’écart du Bénin et de la Côte d’Ivoire lors de cette conférence pourrait marquer un tournant. Elle reflète non seulement une recomposition des alliances dans la bataille contre le terrorisme, mais aussi un rejet grandissant des influences étrangères perçues comme ingérentes.

Pour de nombreux observateurs, ce signal fort envoyé par Accra tend à classer Abidjan et Cotonou, aux yeux des nouvelles alliances sahéliennes, comme des potentielles sources de déstabilisation plutôt que comme des partenaires de confiance.

Auteur: seneweb