Paniqués étaient les Sénégalais quand ils ont appris que Kalidou Koulibaly serait suspendu pour la finale pour cumul de cartons jaunes. De vieux souvenirs, pas forcément bons, planaient autour, car lors de la finale perdue face à l’Algérie en 2019, le capitaine emblématique des Lions n’avait pas joué pour les mêmes raisons et son absence s’était plus que fait ressentir. Mais cette fois-ci, son absence est presque passée inaperçue, car cela a permis l’éclosion d’un talent très prometteur : Mamadou Sarr. Et oui, en ce match hyper important pour le Sénégal, une Sarr est née.
Lourde et très grande était sa tâche, qui consistait à remplacer le capitaine des Lions. Les enjeux de la rencontre étaient pharaoniques. Observer presque toute la CAN depuis le banc avant d’être propulsé titulaire en finale. Et il a été à la hauteur du match. Il n’a pas déçu. Il a compris que c’est une occasion unique de se mettre en valeur, de montrer ce qu’il vaut. Il a beaucoup couvert Antoine Mendy, qui avait du mal face aux multiples assauts de l’ailier du Real Betis, Ez Abde.
Les duels aériens étaient toujours en sa faveur. Mais ce qui séduit le plus chez lui, c’est sa maturité dans le jeu. Il allie intelligence et excellente lecture du jeu, ce qui lui permet de sentir très tôt le danger et d’intercepter beaucoup de ballons. La qualité de ses pieds a offert aux Lions une relance d’une sérénité déconcertante, ne connaissant pas la définition du mot « pression ».
Il faut aussi rappeler que Mamadou défendait contre l’un des meilleurs attaquants du tournoi, Ayoub El Kaabi. Et il n’a pas tremblé. Mamadou a géré avec une sérénité qu’on pourrait qualifier d’abusive. Pour museler El Kaabi, il n’a pas utilisé un seul doigt ; la réalité est qu’il n’en a utilisé aucun. L’attaquant de l’Olympiakos a été réduit au silence.
Son gardien, Édouard Mendy, pouvait s’installer tranquillement sur une chaise, faire du thé et attendre tranquillement que le Sénégal s’impose.
Donc, pour Mamadou, cette finale n’était pas un test. C’était une révélation.
L’avenir est beau
Il est déjà le présent, mais il porte surtout l’avenir sur ses épaules. Dans un futur qui frappe à la porte, le capitaine de Strasbourg est appelé à succéder à Kalidou Koulibaly, à endosser le costume de patron et à devenir le nouveau rempart de la nation, le futur ministre de la Défense. Les promesses sont immenses, presque vertigineuses !
Et avec lui, la relève s’organise. Un vivier riche, profond et prêt à prendre feu.
Nobel Mendy, 21 ans, s’est imposé au Rayo Vallecano comme une évidence. En Liga, c’est un monstre. Il est tout simplement impressionnant.
À ses côtés, Tylel Tati (18 ans) grandit à vue d’œil au FC Nantes. Titulaire indiscutable et déjà convoité par les géants européens, il ne nourrit qu’un seul rêve : arborer les couleurs de son pays.
Et comment ne pas évoquer Ousmane Diao ? Au Danemark, le roc sénégalais impressionne. Défenseur central complet, capable aussi de glisser sur le côté droit, il incarne cette nouvelle génération sans complexe, solide et moderne.
À eux quatre, ils dessinent l’horizon. Ils sont l’avenir du Sénégal, les futurs anges gardiens des Lions. Le défi sera de les faire entrer pas à pas dans la lumière jusqu’à ce qu’ils s’imposent définitivement sous le maillot national. Mamadou Sarr a déjà rugi. Et ce rugissement n’est que le début.
Oui, l’avenir s’annonce radieux.
source/Le Soleil













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