Le ministère de l’Éducation nationale a franchi, ce jeudi 15 janvier 2026, une étape décisive dans le processus de refondation du système éducatif sénégalais. Sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, s’est tenue une cérémonie solennelle marquant à la fois l’installation officielle du Comité scientifique de la réforme curriculaire, la rentrée solennelle de l’Inspection générale de l’Éducation et de la Formation (IGEF) et le lancement de la plateforme nationale d’écoute « La Voix de l’École ».
Un triptyque fort et hautement symbolique qui consacre la volonté des autorités de placer le savoir, l’expertise et la participation citoyenne au cœur de la transformation de l’école sénégalaise.
Un comité scientifique pour éclairer la refondation
Au cœur de cette cérémonie, l’installation du Comité scientifique de la refondation curriculaire, composé d’éminentes personnalités issues de divers horizons disciplinaires et professionnels. Présidé par le professeur Abdoullah Cissé, figure reconnue du monde académique, ce comité a pour mission d’éclairer le processus de refondation par une approche pluridisciplinaire, transdisciplinaire et systémique.
« Il ne s’agit plus seulement de réforme curriculaire, mais bien de refondation du système éducatif sénégalais », a souligné le ministre Guirassy, rappelant qu’il s’agit d’une instruction claire du président de la République au regard des enjeux stratégiques pour l’avenir du pays.
Au-delà du comité scientifique, un cercle de hauts référents composé d’artistes, de scientifiques, d’anciens ministres, d’architectes et d’intellectuels a également été mis en place pour accompagner cette dynamique nationale.
L’IGEF à l’honneur lors d’une rentrée solennelle inédite
Autre temps fort de la cérémonie : la rentrée solennelle de l’Inspection générale de l’Éducation et de la Formation. Une première dans l’histoire de ce corps stratégique, marquée par le port symbolique de la toge, signe de reconnaissance de la haute responsabilité et de l’exigence professionnelle qui incombent aux inspecteurs généraux
Pour le ministre, cette innovation traduit la place centrale du savoir et de la rigueur pédagogique dans la qualité reconnue du système éducatif sénégalais, tant au niveau sous-régional qu’international.
« La Voix de l’École », une plateforme pour une gouvernance inclusive
La cérémonie a également été marquée par le lancement officiel de la plateforme numérique « La Voix de l’École », un dispositif national d’écoute et de participation citoyenne. Accessible à tous, elle permet aux enseignants, apprenants, familles, acteurs des daaras et des territoires de s’exprimer librement par audio, en français comme dans les langues nationales (wolof, soninké, entre autres).
Cette démarche d’écoute active et « apprenante », selon les termes du ministre, s’inscrit dans un nouveau style de leadership public fondé sur l’inclusion, la concertation et la mobilisation collective autour de l’essentiel : l’avenir de la nation par l’école et par l’enfant.
Interpellé sur les revendications des syndicats d’enseignants, notamment le G7 qui paralyse actuellement le système éducatif avec des grèves répétitives, Moustapha Mamba Guirassy a réaffirmé l’ouverture du gouvernement au dialogue. Il a salué l’adoption récente en Conseil des ministres du décret relatif à la question des décisionnaires, une doléance ancienne désormais réglée en moins d’un an et demi.
S’il appelle les représentants syndicaux à comprendre les délais inhérents aux procédures administratives, le ministre se veut toutefois rassurant : « Dans les prochains jours, ce dossier sera définitivement vidé pour le grand bonheur des acteurs éducatifs, notamment des enseignants injustement traités par le passé », informe-t-il.
Un acte fondateur pour l’Agenda 2050
Pour les autorités, cette cérémonie dépasse le cadre institutionnel. Elle constitue un acte fondateur, porteur d’espoir et de transformation, en droite ligne avec la volonté exprimée par les Sénégalais en mars 2024 pour un changement profond fondé sur la justice, la dignité, la souveraineté et la prospérité.
« L’Agenda 2050 ne peut se réaliser sans un capital humain solide », a insisté le ministre, convaincu que la refondation de l’école sénégalaise est la clé de cette ambition nationale.











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