Santé gratuite pour les victimes des manifestations : La SEN-CSU déploie son plan de prise en charge

Ex-détenus, blessés et familles touchées par les événements préélectoraux de 2024 ont reçu leurs cartes d’assurés ce jeudi 30 avril 2026 au CICES, dans le cadre de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU). Cette opération est pensée comme une réponse sociale forte à une crise encore vive dans les mémoires. Dans une ambiance marquée par la retenue, certains bénéficiaires ont examiné leur nouveau document avec prudence, tandis que d’autres sont restés en retrait, le souvenir des épreuves passées prenant le pas sur la célébration.

C’est la SEN-CSU qui a procédé à la remise symbolique de 124 cartes, marquant le début d’un processus plus vaste visant plus de 2 000 personnes déjà identifiées à travers le pays. Présent à l’événement, le Directeur de cabinet du ministère de la Famille, des Solidarités et de l’Action sociale, Youssou Djité, a rappelé que cette initiative s’adresse à des citoyens encore profondément marqués par les tensions de 2024. Il a souligné que si les préjudices subis ne peuvent être totalement compensés, l’objectif de l’État est désormais d’assurer un accompagnement social et médical durable.

Le Directeur général de la SEN-CSU, le Dr El Hadji Séga Gueye, a pour sa part insisté sur la logique de solidarité nationale qui fonde ce dispositif. La carte d’assuré permet désormais une prise en charge des soins à hauteur de 80 %, s’inscrivant dans un système destiné à réduire les inégalités d’accès à la santé. Il a également indiqué que des démarches similaires ont été organisées à Saint-Louis, Touba et Thiès, afin de renforcer le suivi et de mieux intégrer les victimes dans le circuit de soins classique.

Tout en reconnaissant la portée de cette mesure, les autorités ont admis que les victimes « ne pourront jamais être totalement indemnisées », beaucoup continuant de vivre avec des séquelles physiques et psychologiques durables. Pour le Dr Gueye, cette démarche constitue un acte de réparation sociale et de reconnaissance nécessaire, loin de toute lecture politique. Au-delà de la remise des cartes, cette opération illustre une tentative de réponse institutionnelle progressive, qui avance sans toutefois effacer les traces laissées par les événements de 2024 dans les corps et les esprits.

Auteur: seneweb