Lors d’un « Ndogou Connect » organisé jeudi à Dakar, le Directeur général de Sonatel, Brelotte Ba, a longuement échangé avec la presse sur la pénétration des services, la couverture réseau et la stratégie d’investissement du groupe. Un message central, anticiper plutôt que subir.
Pénétration : des marges de progression
Le DG a d’abord clarifié la notion de taux de pénétration, qu’il définit comme « le rapport entre le nombre de clients d’un service et la base totale de clients ».
Au Sénégal, Orange Money revendique « plus de 6 millions de clients », soit environ un quart de la base globale. Sur l’Internet mobile, près de 9 millions d’abonnés utilisent la data sur un parc estimé à 13 millions.
Des chiffres encourageants, mais qui traduisent encore un potentiel important. « Il faut distinguer ceux qui ne peuvent pas accéder à Internet parce qu’ils ne sont pas couverts par le réseau et ceux qui sont couverts mais ne l’utilisent pas », a insisté Brelotte Ba.
Selon lui, la problématique est double. Il existe des zones totalement non couvertes, les « zones blanches », mais aussi des populations couvertes qui ne disposent pas d’équipements adaptés, notamment de smartphones.
Service universel et investissement dans les zones non rentables
Sur la question des zones non couvertes, le patron de Sonatel rappelle l’existence du Fonds de service universel prévu par la loi. « Sur les dix dernières années, nous avons contribué à hauteur de 35 milliards de francs CFA pour couvrir des zones qui ne sont pas rentables », a-t-il précisé.
Pour lui, l’enjeu est désormais d’évaluer l’impact réel : combien de villages connectés, combien de localités effectivement desservies ?
Fibre, 5G, satellite : une stratégie de long terme
Interrogé sur la concurrence et l’arrivée de nouveaux acteurs, à l’instar de Starlink, Brelotte Ba se veut clair : « Notre stratégie de déploiement, nous l’avons depuis des années. Ce n’est pas une réaction à l’arrivée d’un nouvel acteur. »
Sonatel vise près d’un million de prises fibre d’ici 2028, dans un pays qui comptera à terme environ 1,5 à 2 millions de ménages. Entre 2017 et 2025, le groupe a considérablement accéléré ses déploiements, avec un rythme presque doublé ces dernières années.
Même logique pour la 5G, qui couvre déjà environ 40 % de la population. « Dans ces domaines, on ne peut pas réagir du jour au lendemain. Il faut anticiper pendant des années », a-t-il expliqué, évoquant également le recours au satellite pour compléter la couverture nationale.
Le DG cite notamment les investissements dans les câbles sous-marins et les infrastructures internationales, engagés plusieurs années avant leur mise en service : « Il faut dès à présent investir pour préparer le futur. »
Regagner la confiance
Il a aussi souligné que les débits ont été récemment multipliés par trois sans hausse significative des tarifs.
L’objectif, dit-il, est d’élargir progressivement l’accès au très haut débit tout en améliorant la qualité de service.
Concernant les services financiers mobiles, le groupe reconnaît évoluer dans un environnement plus concurrentiel. « Nous sommes challengers dominants, mais notre ambition est de retrouver une place forte dans le cœur des Sénégalais », a-t-il déclaré.
Il rappelle que la réglementation issue de la Banque centrale impose désormais la gratuité des transferts, tandis que les retraits restent rémunérés pour couvrir le travail des agents. « Il faut regarder l’ensemble du modèle économique, pas seulement le prix du transfert », a-t-il souligné.
Anticiper pour rester leader
En dernière instance, le DG Brelotte Ba défend une vision de long terme. Pour lui, la performance ne s’apprécie pas sur une seule année, mais « sur plusieurs exercices ».
Dans un secteur en mutation rapide, Sonatel mise sur l’anticipation, l’accélération des investissements et l’inclusion numérique pour consolider sa position sur le marché sénégalais.
source/senego












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