Candidature de Macky Sall à l’ONU : L’argument opposé par Ousmane Sonko pour geler le consensus continental

L’attente était grande à Addis-Abeba concernant le positionnement de l’Union Africaine sur la succession d’Antonio Guterres. Alors que la capitale éthiopienne accueillait le sommet des chefs d’État et de gouvernement, la question de la candidature de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, au poste de Secrétaire général des Nations unies a fait l’objet de discussions intenses en coulisses. Pourtant, aucune décision officielle n’a été actée, le dossier se heurtant à une position singulière des autorités sénégalaises actuelles.

Selon les informations rapportées par *Le Quotidien*, la délégation sénégalaise a adopté une posture qui a pris de court plusieurs dirigeants du continent. En l’absence du Président Bassirou Diomaye Faye, c’est le Premier ministre Ousmane Sonko qui représentait le Sénégal. Interpellé lors des huis clos sur le soutien de Dakar à cette candidature, le chef du gouvernement a opposé une réponse d’ordre procédural : il a déclaré ne pas avoir reçu d’instructions formelles du chef de l’État pour se prononcer sur ce dossier.

**Une inaccessibilité qui interroge**

La situation s’est complexifiée lorsque des homologues africains ont tenté de joindre directement le Président Bassirou Diomaye Faye, resté à Dakar. D’après des observateurs présents sur place cités par nos confrères, ces tentatives sont restées vaines, laissant le sentiment d’une « injoignabilité organisée ». Face à l’impossibilité d’obtenir une validation explicite de la part du pays d’origine du candidat — condition *sine qua non* pour un endossement continental — les dirigeants africains ont dû se résoudre à une mesure d’attente. La question a été renvoyée à une prochaine réunion des chefs d’État par visioconférence, rendant la présence ou la réponse du Président Faye indispensable.

**Une correspondance en attente depuis le 9 février**

Ce blocage diplomatique intervient alors que les démarches formelles auraient déjà été entamées par l’ancien chef de l’État. Présent à Addis-Abeba, Macky Sall a rappelé aux dirigeants qui le sollicitaient qu’il ne briguerait ce mandat qu’avec « l’onction et la bénédiction » du Sénégal. À cet effet, il aurait adressé une lettre officielle à son successeur, réceptionnée le 9 février dernier. Dans cette missive, il informe l’actuel locataire du Palais des encouragements reçus de divers partenaires internationaux et sollicite l’appui institutionnel de son pays.

À ce jour, cette correspondance n’a reçu aucune réponse officielle, figeant de fait la dynamique de consensus africain. Pourtant, la compétition internationale s’organise déjà avec des profils comme l’ancienne Première ministre néo-zélandaise Helen Clark ou l’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet. Des sources proches du dossier évoquent pourtant des soutiens de poids pour la candidature sénégalaise, citant notamment Emmanuel Macron, Xi Jinping ou encore Donald Trump.

 

source/senego