Depuis 2025, l’agriculture sénégalaise a enregistré des avancées importantes, portées par la mécanisation, l’amendement organique des sols, l’introduction des rotations culturales et l’intégration progressive des technologies modernes. Le monde rural, selon le ministre de l’Agriculture, ne remet pas en cause ces efforts, mais appelle à une innovation plus poussée, mieux adaptée aux nouveaux défis économiques et climatiques.
« Cette nouvelle orientation repose largement sur l’implication des jeunes, issus aussi bien du milieu rural que des centres urbains. Les outils numériques occupent désormais une place centrale dans les pratiques agricoles », a affirmé Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, lors de la première édition des Grandes Rencontres du Soleil, tenue mardi 10 février. Selon lui, à l’aide de simples téléphones portables, les producteurs peuvent aujourd’hui accéder à des données clés relatives aux itinéraires techniques, aux volumes de production attendus et aux exigences du marché, en cohérence avec les orientations de l’État.
Revenant sur le bilan de l’action gouvernementale, Mabouba Diagne a souligné qu’en seulement 18 mois, des résultats records ont été enregistrés dans plusieurs filières agricoles.
Invitant à tirer les leçons de la Covid-19, il a également rappelé la mobilisation de 500 milliards de francs CFA durant la pandémie de Covid-19, permettant au pays de tenir près de onze mois sans rupture majeure d’approvisionnement.
« La Banque centrale a, par ailleurs, injecté 1 200 milliards de francs CFA dans l’économie nationale. Une situation exceptionnelle qui a conduit, pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, à la fermeture des frontières en raison d’une production nationale jugée suffisante », a poursuivi le ministre.
C’est pourquoi certains experts estiment que le pays devrait disposer d’au moins cinq mois de réserves alimentaires pour faire face à des crises pareilles à l’avenir. Malgré ces performances, certaines critiques persistent au sein du secteur agricole. Toutefois, les résultats liés à la pluviométrie et à l’amélioration des rendements locaux traduisent, selon le ministre, une dynamique globalement positive.
Le défi majeur demeure désormais la transformation locale des produits agricoles. Les autorités plaident pour un changement de paradigme, visant à réduire l’exportation de matières premières brutes, notamment l’arachide, au profit de produits transformés, comme l’huile brute. Cette ambition repose sur un partenariat renforcé entre les agriculteurs, les petits producteurs et les institutions publiques.
Le ministre de l’Agriculture a estimé que des décisions structurantes ont été prises en un laps de temps relativement court. « Le chantier à venir consiste désormais à consolider ces acquis et à inscrire durablement l’agriculture sénégalaise dans une logique de souveraineté alimentaire, d’innovation et de création de valeur ajoutée », a-t-il conclu.
source/seneweb












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