La route Kidira-Bakel, qui sera bientôt livrée, va faire le bonheur des populations. Elles évoquent des avantages économiques certains pour le commerce, le secteur des transports et l’horticulture. Des enjeux majeurs dans une zone stratégique.
Kidira est une zone carrefour, une localité stratégique offrant des opportunités économiques certaines. À 8 heures, la ville est animée. Les enseignes bancaires, qui viennent d’ouvrir leurs portes, reçoivent les premiers usagers. Devant l’une d’elles, un préposé à la sécurité filtre les entrées. De grande taille et de teint clair, ses yeux sont cachés par des lunettes noires. Une écharpe est attachée à son cou pour se protéger du vent frais. Il décrit un secteur financier en pleine croissance exacerbé par l’ouverture de plusieurs agences ces deux dernières années. « Les banques sont de plus en plus présentes. Quatre agences ont été ouvertes entre 2023 et 2025 », dit-il, serein.
À côté de lui, un jeune homme a un sac en bandoulière. De sa main gauche, il tient un portefeuille et une enveloppe. Originaire de Dakar, il est à Kidira depuis 2024. Il est en service dans une station-service. Parlant des atouts économiques de la localité, il pense directement à Richard-Toll. « C’est une zone carrefour. Le commerce y est très développé. On y trouve toutes sortes de produits, avec des secteurs assez diversifiés », reconnaît Ousmane Niang.
Ainsi, il en déduit que l’existence de moyens de transport et d’infrastructures de qualité permettra un développement inclusif. « Ici, les gens se déplacent beaucoup. L’activité de transport y est très développée, que ce soit pour les personnes ou les marchandises. C’est donc sûr : avoir un axe Kidira-Bakel va réduire les délais de voyage et contribuer au développement économique », relève Ousmane Niang.
Au carrefour, les signes d’une forte intensité économique se confirment. D’un côté, les transports font le plein pour rallier les localités environnantes.
Booster les échanges commerciaux
De l’autre, le commerce bat son plein. Sous un immeuble, Abdoulaye Diakhaby expose des maillots et des robes. Ses clients, dit-il, viennent de Kidira et des localités proches de la frontière malienne. Il en déduit que le développement du transport sera un véritable coup de boost pour ses activités. « Les routes portent le développement. De Bakel à la frontière malienne, les populations viennent constamment à Kidira à la recherche de marchandises ou pour vendre des produits. La route Bakel-Kidira va donc permettre un développement économique et social », explique le commerçant.En tee-shirt gris et pantalon noir, les bras croisés, Alfousseyni est debout devant une station-service. Originaire du Mali, il est en plein échange avec un élément des forces de défense et de sécurité. « Je vous laisse discuter. Moi, je suis un homme en tenue », rigole ce dernier, avant de prendre congé. Alfousseyni connaît bien Kidira, puisqu’il est dans le secteur des transports. Il travaille dans une compagnie qui opère à travers des bus. À ses yeux, le bitumage de l’axe Kidira-Bakel est une bonne nouvelle, car il présente de nombreux avantages économiques et sociaux. « Nous, acteurs du transport, nous nous en réjouissons, car nous sommes tous les jours sur les routes. Nos délais de voyage seront réduits. En plus, nous serons ouverts à d’autres destinations. Les opportunités, dans cette zone, sont nombreuses. Tous les jours, des marchandises quittent Kidira pour le Mali et vice versa », soutient le transporteur.
À quelques mètres de lui, Issakha est dans le secteur de la boulangerie. Ses services s’étendent même hors de Kidira, notamment sur la route de Bakel. Ce qui lui fait dire que la mise en service de la route va faire le bonheur des populations. « L’économie sera renforcée. Les populations vont voyager plus aisément. Les échanges de marchandises et de produits seront facilités. Nous saluons les efforts de l’État », dit Issakha. Cependant, sa doléance du moment est le bitumage des sentiers menant vers les villages reculés. « Pour certaines localités, les déplacements sont compliqués, surtout durant l’hivernage. Il faut donc des actions dans ce sens », préconise-t-il.
À côté d’une boutique, Astou est dans la vente de sauces et de pain. Habitante de Kidira, elle apprécie la construction de la route Kidira-Bakel. Pour elle, l’infrastructure est un atout de taille qui va surtout faciliter le transport des produits horticoles cultivés dans la zone. « C’est une activité principale pour beaucoup de femmes », renseigne-t-elle, convaincue que les routes tracent les voies du développement.
Par Le Soleil












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