Le Minnesota est actuellement le théâtre d’une confrontation majeure entre les autorités locales et le gouvernement fédéral américain sur la question migratoire. Alors que l’État, soutenu par les maires de Minneapolis et de Saint Paul, avait saisi la justice pour mettre un coup d’arrêt aux interventions des agents fédéraux, le tribunal de district a rendu sa décision ce samedi. Ce verdict intervient dans un climat de haute tension, marqué par des manifestations et des incidents mortels impliquant les forces de l’ordre.
La juge de district Kate Menendez a rejeté la demande d’injonction préliminaire déposée par le procureur général du Minnesota, Keith Ellison. Cette requête visait à bloquer ou à restreindre les opérations du Département de la Sécurité intérieure (DHS), qui a déployé des milliers d’agents d’immigration dans la région des Twin Cities. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la magistrate a motivé sa décision par un principe juridique précis.
Dans son ordonnance, la juge Menendez a pourtant reconnu que les autorités de l’État avaient présenté des arguments solides. Elle a noté que les tactiques des agents d’immigration, incluant des fusillades et des preuves de profilage racial, avaient des « conséquences profondes et même déchirantes sur l’État du Minnesota ». Toutefois, elle a conclu que « l’équilibre des préjudices ne favorise pas de manière décisive une injonction ». Elle a précisé ne pas rendre de jugement final sur la légalité globale de la répression, mais refuser l’arrêt immédiat des opérations.
Cette décision judiciaire survient alors que la violence s’est intensifiée sur le terrain. Les tensions ont grimpé après la mort de Renee Nicole Good, abattue dans sa voiture par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) le 7 janvier, suivie de celle d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans tué par des agents frontaliers fédéraux le 24 janvier. Ces événements ont déclenché la colère publique et des appels à la responsabilité.
Les responsables locaux dénoncent une situation de siège. Cheniqua Johnson, conseillère municipale de Saint Paul, a rapporté que les résidents craignent de sortir de chez eux, même pour des courses essentielles. « On a davantage l’impression que le gouvernement fédéral est ici pour assiéger le Minnesota que pour nous protéger », a-t-elle déclaré. De leur côté, les plaignants soutiennent dans leur dossier que cette intensification des contrôles s’apparente à des représailles de Washington, suite à l’échec de tentatives précédentes visant à forcer la coopération locale en matière d’immigration.
L’administration Trump, par la voix de son « tsar des frontières » Tom Homan, assure travailler à rendre les opérations « plus sûres et plus efficaces ». La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a qualifié la décision de la juge de victoire majeure pour le ministère de la Justice, affirmant sur la plateforme X que « ni les politiques sanctuaires ni les litiges sans fondement n’empêcheront l’administration Trump d’appliquer la loi fédérale ».
Face à ce maintien des opérations, le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a exprimé sa déception, qualifiant la présence fédérale d’« invasion » qui, selon lui, a apporté l’insécurité plutôt que l’ordre.
SOURCE/SENEGO









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