Plaisir immense d’un peuple tout entier, debout pour magnifier la bravoure, la résilience, la générosité dans l’effort, ainsi que l’intelligence tactique et stratégique de cette sublime équipe sénégalaise.
J’ai l’habitude de dire que le football n’est jamais un simple onze contre onze. L’épreuve que vient de traverser notre équipe nationale en a administré une démonstration éclatante.
En effet, l’arbitrage de cette rencontre a malheureusement offert une illustration inquiétante des dérives qui fragilisent encore notre football continental. Refuser un but au onze national et siffler, à la toute dernière minute, un penalty imaginaire contre le Sénégal relevaient moins de l’erreur humaine que d’un renoncement manifeste à l’éthique sportive.
Fort heureusement, le football connaît parfois des justices immanentes. Dieu a rappelé sa puissance infinie en permettant au génial Édouard Mendy d’arrêter ce penalty indigne. En véritable douzième homme vêtu de noir, l’arbitre faisait preuve d’une myopie sélective face aux fautes marocaines, tout en s’équipant d’un microscope électronique pour examiner la moindre action sénégalaise.
Un tel comportement, sans classe ni hauteur, relève du travail à l’as de pique. Il constitue une force centrifuge qui fragilise la nécessaire unité africaine, pourtant appelée à se fonder sur les valeurs cardinales que le sport est censé incarner : justice, équité, respect et fraternité.
Esprit d’une étroitesse atomique, cet arbitrage mérite d’être inscrit dans les annales de la médiocrité sportive.
Au-delà de cette parenthèse, l’essentiel demeure ailleurs. Le Maroc doit rester dans le cœur des Sénégalais: comprenons ce qui s’est passé comme une des conséquences de ce mauvais arbitrage et condamnons collectivement et sincèrement les scènes de violences d’où elles viennent.
Par ailleurs, je tiens à saluer et à renouveler mes félicitations appuyées aux joueurs, ces diambars, qui rappellent les plus belles pages de notre histoire sportive et y ajoutent une contribution désormais gravée dans le marbre le plus noble. Ils ont joué avec courage, lucidité, solidarité et un sens élevé du collectif.
J’associe pleinement, à ces félicitations, l’entraîneur Pape Thiaw qui a conduit l’équipe nationale du Sénégal à la victoire continentale sur une période d’environ dix mois, intérim inclus, de mars 2025 à janvier 2026. Cette performance exceptionnelle atteste de sa parfaite connaissance de l’écosystème national et international, de son professionnalisme, de sa rigueur méthodologique, de sa maîtrise tactique et stratégique, mais aussi de son adhésion à une approche participative et interdisciplinaire du football moderne.
Cet entraîneur nous a fait honneur, nous a donné satisfaction et a considérablement amplifié nos rêves.
Le Sénégal a désormais de solides raisons de croire en un avenir radieux. Mais la victoire n’autorise ni relâchement ni autosatisfaction. Il faudra continuer à travailler avec méthode, exigence et humilité pour rester durablement sur le toit de l’Afrique et faire flotter dignement le drapeau continental lors de la prochaine Coupe du monde.
C’est du domaine du possible, à condition d’engager, sans tarder, un bilan technique, administratif et comptable rigoureux, afin de corriger nos insuffisances et de consolider, puis d’élargir, nos acquis.
Cependant, retenons dès à présent deux choses de cette finale:
La confirmation éclatante de notre pépinière de jeunes talents, parmi lesquels :
– Le jeune Ibrahima Mbaye, qui confirme, match après match, l’immensité de son potentiel. À la prochaine Coupe du monde, il pourrait rappeler au monde sportif le roi Pelé, qui avait ébloui la planète à 18 ans. Notre génie aura le même âge avant la fin du mois de janvier. Le rendez-vous avec l’histoire est clairement fixé;
– Le jeune Mamadou Sarr, serein, précis, placide, dont la maturité de jeu impose désormais l’évidence : les portes de la cour des grands lui sont grandement ouvertes;
– Le jeune Iliman Ndiaye, footballeur naturellement doué, intelligent dans ses déplacements et ses choix, qui peut encore franchir d’importants paliers de progression.
Les cadres de la Tanière ont encore un rôle déterminant à jouer. Leur riche et variée expérience demeure un capital stratégique majeur. L’expérience ne vieillit jamais : elle se transforme, à condition d’en redéfinir intelligemment l’usage et les responsabilités.
Soyons fiers de nos Lions !
Le Sénégal est une grande nation de football : trois finales sur les quatre dernières CAN, deux victoires continentales.
Le bilan n’est pas simplement bon : il est excellent.
Un écosystème footballistique tout entier vient de gagner.












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