Le monde à l’épreuve de la loi du plus fort (Par Moustapha BA)

Dans l’une de mes précédentes tribunes, j’écrivais que le monde semblait glisser vers une forme de désordre permanent, comme si la raison collective s’effaçait peu à peu. Aujourd’hui, cette inquiétude apparaît plus actuelle que jamais. Certaines décisions prises au sommet des États interrogent, troublent et donnent le vertige, tant elles semblent s’éloigner des principes qui fondent la coexistence entre les nations.

Il est en effet difficilement compréhensible — sur les plans politique, moral et juridique — qu’un État puisse s’arroger le droit d’aller interpeller ou neutraliser le président d’un autre pays, élu souverainement par son peuple, comme s’il s’agissait d’un simple instrument politique. Une telle démarche traduit une dérive préoccupante dans la manière d’envisager le pouvoir et les relations internationales.

Ce qui s’est passé au Venezuela interpelle la conscience universelle. Il appelle une réaction collective face à toute action unilatérale qui fragilise l’équilibre mondial. Quel que soit le prétexte avancé, un tel geste constitue une violation manifeste du droit international et du principe fondamental de la souveraineté des États.

Aucun président, aussi puissant soit-il, ne peut s’autoriser à enlever ou à destituer un président en exercice d’un autre pays. Aucun chef d’État n’est au-dessus des règles internationales. Le droit international ne peut être appliqué de manière sélective, respecté lorsqu’il sert certains intérêts et ignoré lorsqu’il les contrarie.

Si de telles pratiques venaient à se banaliser, alors aucun pays, aucun dirigeant, aucun peuple ne serait réellement en sécurité. Aujourd’hui le Venezuela, demain qui ? L’Afrique ? L’Asie ? L’Amérique latine tout entière ? Où sont les régulateurs du monde ? Où sont les institutions chargées de garantir l’équilibre, la paix et le respect mutuel entre les nations ?

Laisser passer de tels actes dans l’indifférence générale reviendrait à ouvrir la voie à un précédent extrêmement dangereux pour l’ordre mondial. Le risque est réel de voir le monde basculer vers une jungle géopolitique où la force remplace le droit, et où la souveraineté des peuples devient une notion fragile et conditionnelle.

Face à cela, le silence n’est pas une option. Se taire, c’est cautionner. Accepter, c’est légitimer. Il est urgent que les nations, les intellectuels, les peuples et les institutions internationales se mobilisent pour défendre un principe simple mais essentiel : aucun État n’a le droit de se faire juge, jury et bourreau d’un autre.

Moustapha BA

Président, Aide-International

Président d’honneur, ONG OCD International – Fédération (Suisse)

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Auteur: Moustapha BA